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Cuba, Trinidad

« Au-delà de mon petit vélo » ? Mais qu’est-ce que c’est que ça ? Drôle de titre, n’est-ce pas ? Cependant ce très beau manuscrit que je viens de lire est loin d’être quelque chose de petit ! C’est un sérieux, et par moments, éblouissant récit de multiples et improbables voyages dans une vingtaine de pays qui sont, au début, tout à fait inconnus du jeune auteur. Nicola Nortier ? Qui est Nicola Nortier ? Et de quoi essaie-t-il de nous convaincre avec cette extraordinaire succession de voyages ? L’attrait du voyage, avec ses multiples dangers, ses rencontres parfois étranges, est un thème ancien en littérature. Typiquement, les quêtes périlleuses dépendent dans leurs entreprises d’une sagesse occulte ou d’un quelconque objet magique. Nicola Nortier, ancien élève de mon vieil ami Bruno Nion, lui, se sert tout simplement de son innocence pour avancer. Mais que cherche-t-il ? Lancelot a sa bague magique pour le protéger des enchantements au long de son parcours la recherche de Guenièvre. Gauvain a sa ceinture verte qui l’aidera à affronter le redoutable Chevalier Vert. Le plus célèbre des voyages, après celui d’Ulysse, dans la Grèce antique, est sûrement celui des Argonautes auquel le mythique Orphée a participé et c’est la magie de son incomparable musique et de sa lyre qui offrit aux Argonautes l’immunité devant les Symplégades et qui endormit le dragon gardien de la Toison d’or. Nicola Nortier n’a pas de lyre, lui ! Partant les mains vides de ce qui lui semble la banale ville de Paris, où il souffre de « ne pas être vivant », il s’aventure innocemment, aveuglément, convaincu que « c’est dans l’inconnu qu’on se dépasse, qu’on se réalise » (ses propres mots). Il ne se doute guère de ce qui l’attend, le pauvre ! De son arrivée à la Havane, à Cuba, jusqu’à Yazd, en Iran, en passant par une suite de rencontres et de découvertes, parfois hasardeuses, parfois hilarantes, au Pérou, en Bolivie, en Argentine, il tâtonne dans son « innocence », aidé tout simplement par quelques amis rencontrés fortuitement sur la route et par sa petite musique à lui. Deux jours étranges à Katmandou, une escale au Caire, cinq semaines en Chine, le Japon et j’en passe ! La vitesse, l’audace de sa démarche le transportent et transporteront sûrement ses lecteurs bien au-delà des petits vélos de nos vies quotidiennes. A quoi ce vertigineux périple mène-t-il ? Qu’avons-nous appris, en fin de compte, quand nous arrivons au terme du voyage ? « Tout est voyage, tout est quête », me dit un jour en Californie, mon vieil ami américain Henry Miller, auteur du Tropique du Cancer, un écrivain qui me semble un ancêtre spirituel de ce jeune auteur. Mais nous sommes rarement conscients du sens des objectifs que nous poursuivons avant de les avoirs enfin atteints. L’auteur de l’Au-delà de mon petit vélo, en revanche, me paraît doué d’une capacité remarquable, comme Henry Miller, de se localiser carrément dans chaque endroit où il se trouve. Et quand je suis arrivé à la fin de son livre, j’ai eu la conviction que ses lecteurs pourraient, eux aussi, être saisis par la découverte de soi qui me semble au cœur de cette odyssée moderne. Voilà, me suis-je dit, la Toison d’or que Nicola Nortier trouve à la fin. A un moment donné, il faut partir, se livrer à l’inconnu, laisser tomber les petits vélos. Afin de trouver quoi dans ces ailleurs qui nous appellent comme des sirènes ? Afin de nous trouver. Nous-mêmes. Allons-y ! En route ! Bertrand Mathieu

ene 23, 2015
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hace alrededor de 4 años

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Nicola Nortier
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