Pourquoi la transhumance?

Pour la nouvelle économie agricole, celle qui défend les saveurs naturelles, et garantit la biodiversité, dans un développement assurément durable, les productions de l'élevage ovin transhumant ont valeur de modèle.

Pour la culture qu'elle véhicule, la transhumance est l'un des référents majeurs de l'identité provençale, le seul sans doute qui exprime avec autant de force sa relation à la montagne alpine autant qu’au monde méditerranéen. Ancrée au plus profond de l'histoire humaine, messagère d'ouverture, de paix, de rêve et de liberté, elle constitue un repère majeur pour qui veut se situer dans le temps et l'espace des valeurs euro-méditerranéennes.

 

La transhumance en France


La Transhumance dans les Hautes Pyrennées

Le domaine pastoral haut-pyrénéen représente 123 000 ha, c'est-à-dire ¼ de la surface totale du département. Chaque année, 2 400 éleveurs transhument sur ce domaine, ce qui représente 35 000 bovins, 120 000 ovins, 210 caprins et 2 300 équins. Ils proviennent principalement du département des Hautes-Pyrénées, mais également d'autres départements (dont certains peuvent être assez éloignés comme l’Aveyron) ou d’Espagne. Traditionnellement, les estives des Hautes-Pyrénées recevaient des troupeaux en provenance de tout le sud-ouest de la France. Depuis une cinquantaine d'années, cette grande transhumance a presque disparu et les effectifs des troupeaux en montagne ont diminué, ce qui pose beaucoup de problèmes pour l’entretien de l’espace.

Par ailleurs, un grand nombre de gestionnaires d’estive refusait d'ouvrir leurs pâturages à des troupeaux extérieurs. Après avoir convaincu ces gestionnaires de l'importance de maintenir un taux de chargement important, une « bourse aux estives » a été organisée pour mettre en contact les éleveurs candidats à la transhumance et les gestionnaires prêts à les accueillir.

Autrefois très présents sur les estives, les bergers et vachers avaient pratiquement disparus à la fin des années 1980. Considéré à nouveau comme l’un des piliers du pastoralisme moderne (baisse de la main-d’œuvre sur les exploitations, meilleure gestion du potentiel fourrager, meilleur suivi sanitaire du troupeau, retour de l’ours…), le gardiennage fait désormais l'objet d'un certain nombre de mesures d'aides.

Par ailleurs, les surfaces pastorales sont de plus en plus concernées par d'autres enjeux : touristiques (domaine skiable, zone de forte fréquentation estivale), environnementaux (zone de réintroduction de l'ours brun, Directive Habitat et Natura 2000, réserves naturelles, zone centrale du Parc National des Pyrénées...) ou culturels (sites classés au patrimoine de l'Unesco : Gavarnie - Monte Perdido).

Sources : Didier Buffière (D.D.A.F. Hautes-Pyrénées), actes des Journées Euro-méditerranéennes de la Transhumance, 2002.

 

La Corse

En Corse, les mouvements saisonniers de troupeaux, ovins principalement, peuvent être classés dans le type que les géographes définissent sous le nom de "transhumance double", caractérisée par deux mouvements successifs. Le premier a lieu en hiver depuis la moyenne montagne, où sont situés les villages, vers la plaine, et le second, de la fin du printemps jusqu'au milieu de l’été, vers la haute montagne ("ammuntagnera").

La transhumance d'hiver est longue : 7 à 8 mois, d'octobre à mai, tandis que la transhumance d'été est assez courte, 2 mois environ en montagne (juin et juillet). Les villages auxquels se rattachent sociologiquement les bergers sont situés le plus souvent entre 600 et 900 m d'altitude.

Si l'on peut s'interroger sur l'avenir de la transhumance d'hiver, en déclin, la transhumance d'été ne semble pas menacée. On peut distinguer aujourd'hui, en Corse, une dizaine de "massifs pastoraux" occupant au total 135 000 ha, soit le sixième de la superficie de l'île. Il s'agit de zones de parcours extensifs d'été, utilisées par 844 exploitants, situés dans 86 communes (sur 360 ; 132 communes si on tient compte du fait que certaines communes accueillent partiellement des unités pastorales).

La fabrication de fromage et de "brocciu" en montagne, alliée à un nombre croissant de projets liés à l'accueil des touristes en montagne, dessine, dans le présent et pour l'avenir proche, un profil positif, fait de tradition et d'ouverture.

Sources : Georges Ravis-Giordani (I.D.E.M.E.C.) et Michel Dubo

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28 Oct, 2015
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