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Guy Oberson

Une ode à la vie, bien que la mort plane irrémédiablement sur ses dessins.
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Cette œuvre d’une puissance prodigieuse évoque sans le dire les Rothko de la Tate Modern. Mais ici, les pinceaux brosses de Guy Oberson laissent les traces de sa gestuelle, alors que les couleurs tourbillonnent dans un souffle de tempête, où seule une trouée de ciel bleu permet un vague espoir.

D’abord, il y a ses portraits, réalisés à la pierre noire, reproduits à partir de modèles, de photographies, que le peintre reconsidère grâce à des cadrages serrés ou des flous, premier filtre de la réalité selon lui. Des visages ou morceaux de corps se voient violentés, brutalisés par la main de l’artiste qui  vient ainsi perturber la supposée tranquillité d’un paysage ou d’une figure. A l’instar des correspondances baudelairiennes, par ces traits verticaux ou horizontaux, Guy Oberson transcende le réel. Les sujets semblent suspendus dans le temps, entre deux mondes, confrontés à l’ambivalence de leur condition. « Arracher la figure au figuratif » (Deleuze). La volonté du peintre n’est pas de les représenter de manière réaliste mais bien de dégager, à partir du réel, un sens nouveau, une vérité, une sensation que notre entendement ou notre finitude ne peuvent percevoir. Une peinture nourrie par les contrastes : le noir et le blanc, la lumière et les ténèbres, l’abandon et la prise de conscience, le fond et la forme. Autant d’éléments qui se confondent pour glisser du réel à l’abstrait jusqu’à n’en former plus qu’un.

Ensuite, il y a ses paysages désolés, isolés, insaisissables, que l’on ne peut situer dans le temps. Désorientés. L’absence de l’Homme plane. Les lignes d’horizons se fondent, s’évanouissent, s’annulent pour laisser place à une couleur, un souvenir, une perception. Une terre laissée à l’abandon, rendue à elle-même. Dans cet esprit,  « Terrestres »  tente de réconcilier ou de faire prendre à l’Homme conscience de sa condition, de son rapport, de son lien intrinsèque à la nature et au monde qui l’entoure. Guy Oberson pose de la sorte la question du « Dasein » en suggérant la dissolution de l’être dans le Tout.

Site officiel

"Mais cette fois, on vit le dernier souffle, comme le passage vers l’au-

delà. Comme un dernier coup de racloir avant que le corps

ne s’efface définitivement."

Art, design & photographyGuy Obersonportraitspierre noirele noir et le blancpaysagesFranceArtiste français
08 Oct, 2015